2 rue de la Ferme 28500 Saulnières ( 02 37 43 60 52 E-mail : saulnieresvalori@aol.com SAULNIERES:
PRESERVATION ET VALORISATION DU CADRE DE VIE

SPVCV
Monsieur
Le Secrétaire Général
Préfecture
d’Eure et Loir
Saulnières
le 14 septembre 2004
Monsieur le Secrétaire
Général,
Nous vous remercions pour
votre lettre du 19 août.
Nous sommes heureux que vous
vous intéressiez à ce projet et que vous nous prêtiez une oreille attentive.
Nous tenons à vous signaler
que l’exploitation par GSM de cette hypothétique carrière s’accompagne du
déversement de matériaux de construction à fin de remblais, pour environ 1,7
million de m3. C’est un profit substantiel pour GSM, c’est aussi ce
qui rend attrayant ce projet pour les villes environnantes, plus attachées au
devenir de leurs déchets de construction qu’à la qualité de vie des villages.
L’argument qui consiste à
prétexter de l’état de l’ancienne carrière laissée à l’abandon pour une
nouvelle exploitation est assez facilement démontable. La carrière actuelle ne
présente presque aucun désagrément ni visuel, ni sonore, ni de pollution par
poussière.
Il faut pour en juger que
vous déplaciez sur le site. En effet dans cet endroit la nature à repris peu à peu ses droits,
faune et flore commencent à s’y reproduire. Un aménagement très succinct et peu
onéreux suffirait à satisfaire les règles environnementales (ce pourrait
être du ressort de la CadD et du propriétaire) : il faudrait en particulier que
cesse le déversement sauvage de matériaux de toute nature.
Comment peut-on mettre en
balance la réhabilitation dans 25 ans d’une ancienne carrière qui ne
gène plus personne, avec un projet industriel qui présente un risque réel de
santé publique et qui relève du principe de précaution ? Certaines
zones nécessiteraient 75 ans pour être décontaminées (par plantation)
Pour reprendre la liste des
instances ou collectivités se prononçant pour ou contre, vous avez évoqué celles se prononçant
pour : Saulnières bien évidemment, dont le premier représentant est lié
par des intérêts financiers personnels avec les propriétaires du terrain, et
Saint Jean de Rebervilliers, la commune la plus éloignée.
Les communes de Boullay et Tréon
ont décidé volontairement de ne pas prendre part au débat pour éviter les
conflits, par prudence.
En revanche les communes
directement concernées, qui subiraient en premier lieu les nuisances de ce
projet malvenu : Aulnay sous Crécy, Crécy Couvé, Fontaines les Ribouts,
Saint-Ange et Torcay ont voté fermement et à la quasi-unanimité de leur
conseil contre ce projet dévastateur.
En outre plusieurs autres
communes ont délibéré contre ce projet, nous citerons : Neuville
les Bois, et Chateauneuf en Thymerais qui aurait à subir le passage
des camions chargés de granulats et de gravats en plein centre ville dans une
configuration déjà bien surchargée.
On est dans un rapport de
30% pour, 70% contre.
Le commissaire enquêteur
Monsieur Fourmantin a émis un avis favorable suite à l’enquête publique. La
population qui ira consulter les registres appréciera comment ce monsieur a
analysé pour ne pas dire méprisé l’expression de son mécontentement
:
69 déclarations favorables (avec pour uniques
arguments : emplois sur la commune et apport de taxe professionnelle, qui
sont des arguments que nulle personne avisée ne saurait défendre, arguments qui
vous l’avez compris, sont quasi fallacieux), avec l’appui d’une seule
association (environ 30 personnes)
158 déclarations défavorables avec de multiples
arguments : perte de la qualité environnementale, pollution de l’eau,
pollution de l’air, pollution sonore, pollution visuelle, passage des camions
dans les villages détruisant les aménagements, risques de la circulation pour les
enfants allant à l’école, perte d’intérêt du développement du tourisme, gîtes
abandonnés, chemins de randonnée délaissés, pêche dans la Blaise sans
intérêt, patrimoine classé
« déclassé », patrimoine dévalué…et le soutien de 8 associations dont
France Nature Environnement (soit plus de 10 000 personnes)
Une pétition d’environ 300
personnes
On est dans un rapport de
10% pour, 90% contre.
Puisque vous faites allusion
une seconde fois à l’état d’abandon de l’ancienne exploitation, et que GSM se
sert de ce prétexte pour l’installation d’une nouvelle, vous noterez qu’il est légitime que GSM
mette en avant ses capacités à « remettre en état » le site, encore
que le résultat prévu soit assez navrant pour la vue (plaine de plusieurs
dizaine de mètres en contre bas du niveau des champs et de la route) Par contre
il est possible de grandement douter de la fiabilité de ces dires quand on
connaît le rythme des fusions et des rachats de sociétés : où sera GSM
dans 25 ans ?
En tout état de cause ce qui
intéresse les gens c’est bien la qualité de leur vie pendant leur vie, pas
après…Les bons arguments de GSM : votre bien retrouvera sa valeur dans 25
ans sont de la pure facétie pour ne pas dire de la malhonnêteté.
Pour parler plus
sérieusement, il n’est pas besoin de prétexte à GSM pour installer une nouvelle
carrière, étant simplement guidé par son intérêt. Il est tout à fait normal
quand on est carrier de vouloir exploiter une carrière à silex, mais que cela
soit fait dans un contexte géologique et géographique moins sensible.
Nous voudrions vous éclairer sur plusieurs faits nouveaux qui ont fait grandir notre inquiétude devant ce projet.
La commune de Saint-Ange et
Torcay s’est trouvée privée d’eau
potable pendant 5 jours au mois de juin dernier ; la cause en serait, un effondrement
de la couche de craie qui contient la nappe phréatique. Cette partie
géologique est fissurée et très fragile et c’est dans ce contexte qu’une
carrière de plus de 30 m de profondeur devrait s’ouvrir ? Est-ce bien
prudent ? Un précédent projet
(1999) avait été refusé pour cette raison (c.f. l’article de M Fillon)
Nous portons également à
votre connaissance la création d’un comité de suivi médical sur ce sujet, sur
l’initiative de plusieurs médecins de nos communes.
Nous sommes certains que les compléments d’étude
que vous faites diligenter pourront vous éclairer et que vous prendrez votre
décision en connaissance de cause.
Pour terminer sur une note
plus agréable, nous vous invitons donc à une visite de notre jolie vallée de la
Blaise, un des coins les plus pittoresques du département pour que vous
puissiez vous faire une idée de l’incongruité d’un tel projet à cet endroit et
du peu d’intérêt d’avoir la précédente carrière réaménagée dans 25 ans en
regard des risques très graves encourus par toute une population.
En vous remerciant d’avoir
bien voulu nous écouter et en espérant avoir le plaisir de vous rencontrer.
Nous vous prions de croire,
Monsieur le Secrétaire Général, dans l’assurance de notre considération
distinguée.
Le
Président
Michel
BATON