Monsieur Gérard
Hamel
Député d’Eure et
Loir
Assemblée Nationale
Palais Bourbon
126 rue de
l’université
75355 Paris cédex 07
Crécy-Couvé le 28
septembre 2004
Lettre ouverte
Monsieur le Député,
C’est avec plaisir que je comptais parmi vos invités à la soirée de vœux 2004 organisée au palais des congrès de Dreux, et avec un vif intérêt que j’ai suivi votre argumentation quant au développement réalisé et projeté de la Communauté d’Agglomération du Drouais. J’avais toutefois observé (si vous voulez me le permettre) que les aspects culturels et environnementaux, souffraient d’un estompage probablement trop prononcé.
Nous mesurons tous les jours l’importance grandissante que ces notions revêtent pour le pays. Nous savons par ailleurs, qu’un financement culturel même modeste, et une mise en valeur environnementale, peuvent générer de fructueuses retombées économiques, directes et indirectes. J’admet que celles-ci, ne sont pas forcément immédiates, mais ne sommes-nous pas entrés dans une perspective où au cœur même de l’industrie, les données environnementales deviennent, et deviendront davantage insécables de son essor. Convenons, dans ces conditions, que l’opposition industrie–environnement porte en germe un combat d’arrière-garde, même s’il s’avère parfois inévitable ; et je souhaite sincèrement que le cas d’école que constitue le projet de carrière de Saulniéres, ne rentre pas dans cette catégorie.
Pourquoi cas d’école ? Avant tout, parce que l’évolution des mentalités allant de l’avant, il est limpide, pour une majorité grandissante des personnes vivant loin et autour du site, que ce projet est en décalage complet par rapport à l’époque.
A ce sentiment diffus et prégnant qui ne ferait que croître et embellir au fil d’Ariane des procédures, (si autorisation il y a), s’ajoute, le catalogue des données matérielles qui s’orchestrant les unes aux autres, forment un concentré de ce qui n’est plus tolérable aujourd’hui.
o La transformation en zone industrielle de la vallée de la Blaise, où ce n’est pas hasard si la « Pompadour protectrice des arts» s’installa. La Pompadour disparue, est-il raisonnable de faire subir un sort semblable à cette vallée unique, qui, garde tout ses atouts. Elle peut satisfaire entre autre, le besoin de loisirs familiaux des industriels et de leurs salariés, qu’à bon escient vous souhaitez attirer dans le Drouais !
o Que dire de l’étude d’impact incomplète, et biaisée ? … Nous restons pantois au lu des justifications à la «docteur Knock» qu’avance GSM dans sa communication ; et incrédule devant la toute « bonne-mauvaise » foi du commissaire- enquêteur, le reste a l’avenant…
o Qu’avons nous à dire à ces centaines de personnes dont la vie peut être gâchée par les multi-nuisances, avec à la clef une santé atteinte ?
o Quelle consolation Monsieur Lemarre offre-t-il à ces retraités, à ces familles modestes, qui, leurs vies mutilées, devraient en plus devoir continuer à payer les mensualités de remboursement d’un bien immobilier qui aurait perdu sa valeur ?
L’état a besoin de granulat soit ! Doit-t’il le satisfaire et apparaître tel Janus ?
Ponce-Pilate d’un coté, s’il sait la multi–punition qu’il inflige à ces lointains administrés, Tartuffe de l’autre, s’il s’accommode des conflits d’intérêt plus que probables d’un élu ?
Nous savons hélas, que les arguments de bonne foi pèsent peu ; le cynisme pourrait être alors la posture honorable, mais ce serait oublier ce fameux air du temps évoqué plus haut sous une autre tournure. Soyons sûr que ce serait l’allié le plus solide des opposants au projet, qui ne se priveraient pas de surfer sur lui jusqu’à l’annulation.
En conclusion, Monsieur le Député, ne serait–t’il pas raisonnable d’être dans le bon « timing » ?
Et d’ouvrir la voie à des projets qui ne laisseraient ni séquelles ni cicatrices, sur le sol ni dans les esprits. Cette complémentarité est le garant de l’équilibre aujourd’hui incontournable d’avec un développement industriel que personne ne réfute. N’est-ce pas après tout, une des missions de la république que de maintenir ce cap ?
Monsieur le Député ne nous trompons pas d’époque !
Je vous remercie de me lire, et espère que vous ne me tiendrez pas rigueur de prétendre vous conseiller.
Recevez, Monsieur le Député, l’expression de mes salutations les plus respectueuses.